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Rapport d'activité 2018


Le mot du médiateur

En 2018, la question de l’accès aux films porteurs s’est posée de manière particulièrement aigüe malgré une production cinématographique abondante et un nombre conséquent de sorties nationales chaque semaine et de films exploités en salles.

Cet enjeu crucial a généré des tensions entre le distributeur, maître de son plan de distribution, et les établissements demandeurs.

Ces tensions ont permis de rappeler, à l’occasion de diverses réunions, que l’exposition des films en salles est la résultante tant d’un plan de sortie élaboré par le distributeur au nom des ayants droit du film dans le respect des principes issus du droit de la concurrence et du code du cinéma que du désir des établissements cinématographiques de proposer cette œuvre à leur public.

Si la question de l’accès aux films porteurs est essentielle pour tous les établissements cinématographiques, l’accès des établissements art et essai à un certain nombre de films porteurs, qu’ils soient Art et Essai ou non, est vitale pour leur développement et le maintien de leur équilibre économique. Elle l’est aussi pour leur permettre d’assurer leur mission de diffusion des films les plus fragiles qui constituent l’essentiel de leur ligne éditoriale.

Dans un tel contexte, tout mouvement qui tendrait à une exploitation cinématographique à deux vitesses serait un appauvrissement pour le public et la création. En France, la loi ne permet pas qu’un film, recommandé Art et Essai ou non, soit exploité de manière exclusive par un circuit d’exploitation quel qu’il soit. Ce qui importe c’est la pertinence de la demande de l’exploitant au regard de son public, de sa ligne éditoriale et de l’offre cinématographique dans la zone de chalandise. Le paysage cinématographique français se caractérise ainsi par une absence de « silos » étanches qu’il s’agisse d’accès aux salles que d’accès aux films. C’est une force et une richesse qu’il faut préserver !

C’est la mission de la médiation, dans le respect de la liberté de chacun et de l’intérêt du public, de favoriser cet accès sans provoquer pour autant une homogénéisation des programmations, une multiplication excessive des copies ou l’éviction d’autres films, préjudiciables à la diversité culturelle. Mission de régulation au service du cinéma dont Jean Cocteau disait que « c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière ».

 

 

Laurence FRANCESCHINI
Médiateur du cinéma